Mercredi 26 novembre 2008
Nevermore
Souvenir Souvenir Que Me Veut Tu? L'Automne
Faisait Voler La Grive à Travers L'Air Atone.
Et Le Soleil Dardait Un Rayon Monotone
Sur Le Bois Jaunissant où La Bise détone.
Nous Etions Seul à Seul Et Marchions En Rêvant,
elle Et Moi,Les Cheveux Et là Pensée Au Vent
Soudain,Tournant Vers Moi Son Regard Emouvant:
Quel Fut Ton Plus Beau Jour? Fit Sa Voix D'Or Vivant.
Sa Voix Douce Et Sonore,Au Frais Timbre Angélique
Un Sourire discret Lui Donna La Réplique,
Et Je Baisai Sa Main Blanche,Dévotement.
Ah! Les Premiéres Fleurs Qu'elles sont Parfumées
Et Qu'il Bruit Avec Un Murmure Charmant
Le Premier Oui Qui Sort De Lévre Bien-Aimées !
De Paul Verlaine
Dimanche 23 novembre 2008
Inconnu!
Mercredi 19 novembre 2008
Sang
Dans Mes Veines Ce N'Est Pas Du Sang Qui Coule
C'Est L'Eau,L'Eau Amère Des Océans Houleux...
Des Bonaces,Des Jours Pleins gonflent
Ma Poitrine,Préludes Aux Blancs
Vertiges Des Ouragans...
Des Poulpes Etirent La Soie Crissante
De Leurs Doigts Et Leurs yeux illunès
Clignotent Par Mes Yeux...
Des Galions Pourris d'Or,Des Mâts,
Des Eperons De Fer Passent En Tumulte
Dans Des Marées Enormes...
Tous Les Anneaux Mystiques
Jetés Aux Lagunes Adriatiques,
Je Les Ai Pour Les Donner A Celles Que J'Aime...
J'Ai Des Ressacs Mugissants Dans Mes Mains
Aux Heures D'Amour...
Et Trop Souvent J'Etreins D'Iréelles
Ecumes Blanches Qui Fuient
Sous Mon Désir De Chair...
jean Venturini
1921-1940
Jeune Poéte Marocain !
Du
Vent
Une nuit, lors d’un rêve
Certes peu captivant
J’ai vu soudain Eole
Ce Dieu maître du vent
Me mettre une auréole
Dès lors, ainsi paré
Sans répit et sans trêve
J’ai orchestré pour lui
La gérance des vents
La mousson et ses pluies
Le simoun et son sable
Ou les vents alizés
En ce job responsable
J’ai si bien attisé
De la terre, les vents
Que ce fut tsunami
Torrents, trombes, cyclones
Pardonnez chers amis
L’équipée de ce clown
Ode par Cépygé. X
Les Maissineries XI 20.
pisou1@skynet.be
Sur Poéme Du Jour
http://coeurromantique.free.fr/poemedujour.htm
Né à La grand'Combe (gard).
Il Mesurer 1,80,portant de long cheveux blancs Affichant une élégance à gilet,un peut Barbey D'Aurevilly.
(1876-1950)
Reverie
En soupant lentement sous une treille brune
Dont les beaux muscats blancs luisaient au clair de lune.
Tandis que pour moi seul,dans la nuit,un oiseau
Chantait vers le tillieul,je pensais à Rousseau.....
Un soir divin et frais venant après l'orage.
Devant le banc de bois du rustique Ermitage,
Une jeune servante avait mis le couvert.
Quelques gouttes tombaient du feuillage plus vert.
Un vase sur la nappe était plein de pervanche,
Madame D'Epinay portait-c'était Dimanche,
Son chapau de bergére et son corsage ouvert.
Pure fraicheur du soir ! On Apportait la lampe,
Et Jean-jacque songeait , un doigt contre sa tempe.
La servante heurtait les plats dans la maison.
L'Etoile du berger montait L'Horizon,
Et Quand mourait au loin le bruit du char qui rentre
On Entendait couler la source dans son antre
Et Chanter la rainette et le grillon perdu.
Madame D'Epinay carressait son bras nu.
Rose et Ronde sur la table , et parfois son haleine
Dans Son Corsage creux enflait sa gorge pleine
Qu'Une tremblante et tiéde ligne séparait
Un Léger vent coulis qui passait murmurait
Dans les arbres du parc une plainte endormie,
Et Rousseau, Souriant , regardait son Amie,
En Feuilletant , distrait,un petit livre gris,
A Côtés d'un panier plein de cerises blanches,
Un Petit livre simple et sans Ors sur les tranches
Que Denis Diderot envoyait de Paris.
(La Maison Du Poéte).
Albin Michel , Ed.
Hommage
De Charles baudelaire
Extrai Des Fleurs Du Mal
1821 - 1867
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis ta nuit! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être!
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais
Charles Baudelaire
L'Amour Par Terre
Le Vent De L'Autre Nuit A Jeter Bas L'Amour
Qui,Dans Le Coin Le PLus Mystérieux Du Parc,
Souriait En Bandant Malignement Son Arc,.
Et Dont L'Aspect Nous Fit Tant Songer Tout Un Jour !
Le Vent de L'Autre Nuit L'a Jeté ! Le Marbre
Au Souffle Du Matin Tournoie,Epars.C'Est Triste
De Voir Le Piédestal, Où Le Nom De L'Artiste
Se Lit Péniblement Parmi L'Ombre D'Un Arbre,
Oh ! C'Est Triste de Voir Debout Le Piedestal
Tout Seul ! Et des Pensers Mélancoliques Vont
Et Viennent Dans Mon Rêve Où le Chagrin Profond
Evoque Un Avenir Solitaire Et Fatal.
Oh ! C'Est Triste ! -Et Toi-Même,N'Est-Ce Pas ?es Touchée
d'Un Si dolent Tableau,Bien Que Ton Oeil Frivole
S'Amuse Au Papillon De Pourpre Et D'Or Qui Vole
Au-Dessus Des Débris Dont L'Allée est Jonchée.
Paul Verlaine